Mis à jour : 29.03.2021 par Siegrist Nutrition

L’homme est un être vivant diurne, ce qui signifie qu’il est actif le jour et dort la nuit. Une vérité qui n’est plus tellement vraie à l’aube du XXIe siècle. En effet, travail de nuit, lumière artificielle, vie nocturne, etc. sont tous des éléments qui nous empêchent d’avoir des nuits pour nous reposer. De plus, le jour, nous sommes de moins en moins actifs, de plus en plus sédentaires et enfermés sans voir la lumière du jour. Tous ces facteurs contribuent à dérégler notre horloge biologique, notre cycle circadien (phase d’éveil et de sommeil)

Pourtant, la lumière du jour et les rayons du soleil sont essentiels à notre bien-être. Les bienfaits de la lumière naturelle sur notre santé psychique ne sont plus à prouver, mais les rayonnements du soleil (ultraviolets ou UV-B) ont une part importante à jouer pour notre santé. En effet, tout le monde connaît la “vitamine du soleil”, dont on réduit souvent sa fonction à la fixation du calcium sur les os. Pourtant, cette vitamine ou hormone, contribue à de multiples fonctions dans l’organisme et on en découvre sans cesse de nouvelles. 

La vitamine D a également été appelée “vitamine antirachitique” puisque sa découverte est issue de l’épidémie de rachitisme (maladie du trouble de la croissance osseuse) qui a touché Londres au XIXe siècle. En 1918, Edward Mellanby a pu démontrer que cette maladie était due à une carence nutritionnelle. Ce n’est que deux ans plus tard que l’on découvrit que l’huile de foie de morue, riche en vitamine D, pouvait contrer le rachitisme. A cette époque, on ignorait encore la raison de son efficacité contre cette maladie1.

En effet, le calciférol ou vitamine D, n’a été découvert qu’en 1922, par le Dr McCollum. Et ce n’est qu’en 1924 que des chercheurs de deux universités américaines découvrirent simultanément que la lumière du soleil est une source de vitamine D. Aujourd’hui, on pense que le smog au-dessus de Londres durant la révolution industrielle privait la population des rayons ultraviolets de la lumière du soleil, ce qui aurait causé l’apparition du rachitisme1.

Désormais, on parvient à fabriquer de la vitamine D de synthèse. Son rôle et son importance sont un enjeu crucial dans de nombreuses maladies (maladies osseuses, maladies auto-immunes ou encore pour notre système immunitaire) et pourtant avec l’accroissement de l’urbanisation, il a été observé que le pourcentage de personnes avec un taux sanguin de vitamine D dans la norme a diminué de 45 à 23% entre 1988 et 20046.

Qu’est-ce que c’est ?

La vitamine D ou calciférol, aussi “vitamine du soleil”, fait partie des vitamines liposolubles, c’est-à-dire qu’elle est soluble dans les graisses2. La particularité de cette vitamine est qu’elle peut être stockée dans le foie et les graisses. Ainsi, elle pourra être remise en circulation dans le sang selon les besoins de l’organisme. Comme elle peut être synthétisée par la peau via les rayons ultraviolets du soleil, elle ne peut pas être considérée strictement comme une vitamine, il s’agit en vérité d’une hormone1,3,6. La vitamine D circulante est composée d’un ensemble de substances appelées également provitamines D :

  • Ergocalciférol ou vitamine D2 qui est la forme végétale et non-active ;
  • Cholécalciférol ou vitamine D3 qui est la forme animale et non-active ;
  • Calcitriol qui est la forme hormonale et active. Celle qui engendre la majorité des effets bénéfiques. Pour parvenir à cette forme, l’organisme doit procéder à un ensemble de processus chimique dans différents organes (foie et reins).

Ainsi, la vitamine D a des origines exogènes (par l’alimentation, environ 10-20% des apports) et endogènes (par synthèse cutanée, environ 80-90% des apports)3.

Pour se retrouver dans sa forme active (calcitriol), la vitamine D doit subir un certain nombre de transformations d’abord dans le foie puis dans les reins1,3

source : https://www.revmed.ch/RMS/2012/RMS-361/Vitamine-D-et-insuffisance-renale-chronique-regain-d-interet-pour-une-vitamine-oubliee

Sources

Le soleil

La principale source de vitamine D est le rayonnement ultraviolet (UV)-B avec une longueur d’onde de 280-315 nm. De plus, on considère qu’il n’est pas possible de synthétiser de la vitamine D grâce au soleil durant certains mois d’hiver. On estime que les populations concernées sont celles vivant en dessus de la latitude 33° (ligne passant par le nord du Maroc, le Japon et Los Angeles). Toutefois, ces données ne tiennent pas compte de la pratique de sports d’hiver ou de la vie en altitude6. De plus, il est important de préciser que la photosynthèse maximale est atteinte lorsque les doses d’UV sont inférieures au seuil d’érythème (rougeur de la peau, coup de soleil). Dépassé ce seuil, chaque exposition supplémentaire dégrade la vitamine D et ses précurseurs4

Chez les personnes à peau foncée l’exposition nécessaire aux UV pour une photosynthèse optimale est prolongée d’un facteur 6 en raison de leur peau riche en mélanine (voir plus bas) qui absorbe davantage de rayons UV. Les personnes âgées ont quant à elles une photosynthèse diminuée jusqu’à quatre fois. Finalement, les personnes obèses ont également des capacités de photosynthèse réduites4.

Malgré les bienfaits du soleil, les érythèmes solaires risquent de provoquer le cancer de la peau. Ce dernier est le plus répandu en Suisse et provoque environ 350 décès par an (imputé au rayonnement solaire)5.

Pour mieux comprendre comment s’exposer au soleil pour faire le plein de vitamine D sans prendre de risque. Voici un tableau effectué par l’Office fédéral de la santé publique OFSP5 :

 Personnes particulièrement sensibles aux UV
à la peau claire ou très claire et enfants
Personnes à sensibilité normale aux UV
à la peau semi-claire
 MatinMidiAprès-midiMatinMidiAprès-midi
février, mars,
octobre, novembre
1 à 2 heures½ à 1 heure1 à 2 heures2 à 4 heures1 à 2 heures2 à 4 heures
avril, septembre1 heure½ heure1 heure1 à 2 heures½ à 1 heure1 à 2 heures
mai à août½ à 1 heure¼ à ½ heure½ à 1 heure1 à 1½ heure½ à ¾ heure1 à 1½ heure

Source : https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/str/nis/uv/faktenblatt_vitaminD.pdf.download.pdf/Faktenblatt%20-%20Vitamin%20D%20F.pdf

Pour se protéger du soleil notre corps dispose d’un mécanisme intrinsèque en produisant de la mélanine. Cette molécule absorbe les UV et les radicaux libres qui sont toxiques et responsables d’une grande partie des effets nocifs du soleil. Chez les personnes rousses, la mélanine produite ne joue pas ce rôle de protection et peut être toxique, car elle produit plus de radicaux libres qu’elle en absorbe.

La crème solaire est un bon moyen de se protéger des effets directs des UV, mais la composition chimique de ces cosmétiques peut laisser planer le doute quant à leur innocuité pour l’organisme, notamment concernant les cancers de la peau ou encore avec le nouvel enjeu des perturbateurs endocriniens. Une crème avec un indice 30 réduit la synthèse de 95%6.   

Bien que le bénéfice/risque de l’exposition au soleil ne soit pas encore tout à fait claire. Les données varient notamment selon la durée de l’exposition, du phototype (couleur de peau), de la latitude, de la saison et de l’âge. Cependant, on considère comme suffisant une exposition au soleil des jambes et des bras (avec protection solaire sur le visage), durant 5 à 30 minutes, deux fois par semaine entre dix et quinze heures (pendant l’été). Il est intéressant de noter que la vitamine D produite par la peau possède une durée de vie plus longue que la vitamine D ingérée6.

Il est également important de préciser que les séances de solarium ne permettent pas de synthétiser de la vitamine D étant donné que les UV émis par les solariums sont essentiellement des UV-A. En revanche, ils augmentent le risque de mélanome4.

Pour les rayons UV-B du soleil avec une longueur d’ondes allant de 290 à 315 nm et selon les parties du corps exposées, la synthèse est de10 :

  • En maillot de bain 20’000 Unité Internationale (UI, 1UI = 25 ng) pour 1 dose minimale érythémateuse (DME, plus petite quantité de lumière pouvant déclencher un coup de soleil après 24h, dépend du phototype) ;
  • Bras et jambes 3’000 UI pour 0,5 DME.

L’alimentation

Comme vu plus haut, dans l’alimentation, la vitamine D est présente sous deux formes : vitamine D2 (végétaux) et vitamine D3 (produits animaux). C’est cette dernière qui est la plus intéressante et utile pour l’organisme10. Voici les principales sources alimentaires de vitamine D :

SourcesTeneur en vit. D en Unité Internationale (UI)
POISSON 

Saumon sauvage
Saumon d’élevage
Sardine sauvage
Sardines en boîtes
Maquereau en conserves 
Hareng 
Anchois 
Thon en boîtes 
Huile de foie de thon 
Huile de foie de flétan 
Huile de foie de morue 
Huile de foie de maquereau 
Huile de carpe 

600 à 1’000 pour 100 grammes
100 à 250 pour 100 grammes
32-48 pour 100 grammes
300 à 600 pour 100 grammes
250 pour 100 grammes
600 à 1’000 pour 100 grammes
600 à 1’000 pour 100 grammes
236 pour 100 grammes
250’000 pour 1 cuillère à thé
12’500 pour 1 cuillère à thé
440 pour 1 cuillère à thé
20’000 pour 100 grammes
6’000 pour 1 cuillère à thé

ANIMALES 
Foie de veau
Foie de bœuf
Foie de poulet
Œuf entier
Jaune d’œuf
50 pour 100 grammes
40 pour 100 grammes
80 pour 100 grammes
40 pour 1
20 pour 1
VÉGÉTALES 
Champignons shiitaké frais
Champignons shiitaké, séchés
Champignons frais
100 pour 100 grammes
1’600 pour 100 grammes
150 pour 100 grammes
PRODUITS LAITIERS 
Beurre
Margarine
Fromage type Emmental
Lait de vache
4 pour 10 grammes
32-48 pour 10 grammes
30 pour 30 grammes
15 pour 250 mL

Source : https://www.chuv.ch/fileadmin/sites/ger/documents/ger_guide_50_supplement_vitamined_pol_2016.pdf

Compléments alimentaires

Une auto-supplémentation n’est pas recommandée, car les risques d’hypervitaminose existent également. Bien qu’il semblerait que la toxicité de la vitamine D ne soit un risque que pour les fortes doses 10’000 UI/jour sur le long terme12. En effet, comme la vitamine D peut être stockée contrairement aux vitamines hydrosolubles, une supplémentation doit être prescrite suite à une carence détectée par un dosage dans le sang de la 25(OH)D qui est la forme de stockage de la vitamine D6.

Dans le commerce, on retrouve de la vitamine D2 et de la vitamine D3, comme vu plus haut, il faut privilégier la vitamine D3 mieux assimilable. En général, la vitamine D3 est disponible sous forme de gouttes, d’ampoules ou encore de comprimés. Comme le dosage peut énormément varier, il est important de se renseigner et de lire la notice pour savoir les quantités : UI par nombre de gouttes, UI par ampoule ou par comprimé. Pour les gouttes, la vitamine D étant liposoluble, elle ne se dissout pas dans l’eau et aura tendance à se coller aux parois d’un verre. Elle doit être prise directement (en comptant les gouttes dans une cuillère) ou dans un yogourt par exemple3

D’un point de vue nutritionnel, les comprimées et les ampoules ne doivent pas contenir d’additifs ou autres agents superflus. Privilégier les gouttes ou ampoules contenant une huile de qualité, éviter l’huile de tournesol. La vitamine D3 sous forme de gouttes est également la plus pratique, car elle permet un ajustement personnalisé (nombre de gouttes) que n’offrent pas les ampoules souvent surdosées.

Toutefois, on estime qu’environ 91% de la population française est en insuffisance ou carencée durant l’hiver. En plus, d’une éventuelle supplémentation chez les nouveau-nés pour prévenir le rachitisme, les adultes pourraient être supplémentés pendant les mois les plus froids et pour lesquelles la photosynthèse n’est pas possible12.

Quant à l’apport de vitamine K2 MK-7 avec la vitamine D3, les résultats semblent plutôt favorables, notamment pour lutter contre la diminution de la masse osseuse liée à l’âge ainsi que pour limiter la calcification artérielle. Toutefois, une majorité des études liées à la vitamine K2 MK-7 sont financées par les fabricants de cette dernière. En raison, de ces conflits d’intérêts, d’autres études indépendantes seraient nécessaires pour en prouver les réels bénéfices7.

Certaines études suggèrent notamment d’associer la vitamine D à la vitamine A et K2 en raison des effets de synergie entre ces vitamines liposolubles qui se protégeraient des effets toxiques l’une de l’autre14. Toutefois, la surdose de vitamine A est toxique (surtout pour les femmes enceintes, risque de malformation congénitale), c’est pourquoi les mélanges (cocktails) de vitamines doivent être prescrit et suivi par un médecin.

Besoin journalier

Les besoins peuvent varier selon le type de peau. La communauté scientifique peine à trouver un accord sur les besoins journalier. Cela pourrait également s’expliquer par le fait que l’apport varie selon la saison et que le corps doit pouvoir faire des réserves lorsque l’ensoleillement le permet en prévision de la période hivernale.

Bien que la dose maximale de vitamine D3 et/ou D2 pour un adulte soit estimée à 2’000 UI/jour, certains experts estiment que cette posologie pourrait ne correspondre qu’à la dose quotidienne recommandée10.

Si pour l’apport journalier les recommandations ne sont pas claires, certains doutes subsistent également pour les taux plasmatiques de 25(OH)D3 (taux relevé lors de prise de sang), dont les valeurs sont les suivantes3,6 :

  • Déficit/carence < 50 nmol/l (20 ng/ml)
  • Insuffisance 50-75 nmol/l (20-30 ng/ml)
  • Taux optimal > 75 nmol/l (30 ng/ml)

Certains groupes de personnes sont plus à risque d’être carencé, c’est pourquoi ces personnes devraient faire des dépistages régulièrement pour surveiller leur taux de 25(OH)D3. On peut citer notamment (liste non-exhaustive) : les personnes à peau foncée, les sportifs (surtout d’intérieur), les personnes à faible exposition au soleil, les personnes obèses ou en surpoids (en cause la dilution de la vitamine D dans les tissus gras qui abaissent la concentration de cette vitamine dans le sang ainsi qu’un “blocage” de la vitamine D dans les tissus adipeux qui, notamment en cas de résistance à l’insuline, n’est pas remis suffisamment rapidement en circulation dans le sang12), les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies osseuses, les personnes ayant une mauvaise absorption (maladie de Crohn ou chirurgie bariatrique, par exemple), les personnes en insuffisance rénale ou touchées par une maladie rénale, les personnes en insuffisance hépatique (foie), les personnes atteintes d’un cancer (plus particulièrement les femmes pré ménopausées avec un cancer du sein sous chimiothérapie), les diabétiques, les personnes souffrant de maladies auto-immunes, celles prenant certains médicaments, les femmes qui allaitent ou enceintes3,6.

Les signes cliniques d’un déficit en vitamine D sont essentiellement musculosquelettiques, comme l’ostéoporose, l’ostéomalacie (douleurs osseuses généralisées ou localisées (sternum ou crête tibiale)) et le rachitisme. On remarque notamment des douleurs secondaires au niveau de la région lombaire qui s’étendent au bassin et aux cuisses ainsi que des douleurs costales6.

Dans certains cas, une carence peut engendrer une faiblesse musculaire provoquant une démarche avec des mouvements de bascule latérale (“démarche de pingouin”). De même que la marche et le passage de la position assise à la position debout peuvent être ralentis6.

Rôle

La vitamine D joue un rôle majeur dans la santé osseuse. Elle participe à améliorer l’absorption du calcium au niveau de l’intestin (et indirectement du phosphore). A l’aide de la vitamine K2, elle contribue au remodelage osseux (en libérant le calcium des parties vieillissantes de l’os et en permettant de créer de nouvelles trames osseuses)3,12. De plus, par son action stimulatrice sur la protéine matricielle qui assure le maintien des structures qui permet de régénérer les tissus (voir plus bas). 

Chez les enfants, elle permet de prévenir le rachitisme et l’ostéomalacie chez l’adulte3,13.

Le rôle majeur de la vitamine D est d’éviter que les cellules perdent leur différenciation (c’est-à-dire d’éviter qu’elles deviennent cancéreuses). Ainsi, elle aurait un rôle anti-cancer (côlon, rectum, sein et prostate)3,6,13.

Aujourd’hui, on sait que le récepteur de la vitamine D a un spectre bien plus large que le tissu osseux. Ainsi, ces récepteurs sont notamment présents dans certaines cellules du pancréas et pourraient participer à la sécrétion d’insuline, mais également agir sur la sensibilité à l’insuline. Ceux-ci seraient également présents dans le tissu musculaire où leur rôle neuromusculaire permettrait de diminuer le risque de chute. Ils auraient également un effet sur le myocarde (muscle du cœur) ainsi que sur la tension artérielle. Finalement, les cellules immunitaires seraient aussi équipées de ces récepteurs. L’activation locale de la vitamine D régule la fonction immune en amplifiant par exemple la réponse immunitaire innée antimicrobienne. La vitamine D pourrait également avoir un effet anti-inflammatoire ou immunomodulateur3.

La vitamine D est également importante pour assurer la fertilité (chez l’homme comme chez la femme), l’issue de la grossesse et l’allaitement. On remarque une production accrue de calcitriol (hormone active de la vitamine D, voir plus haut) pendant la grossesse. Des études d’observation montrent que la carence en vitamine D est un marqueur de risque de réduction de la fertilité et de diverses issues défavorables de la grossesse. De plus, cette carence est également associée à une faible teneur en vitamine D du lait maternel. Comme nous l’avons vu plus haut la vitamine D est essentiel au bon développement des nouveau-nés16.

De plus en plus, le rôle de la vitamine D dans le cadre du système immunitaire est mis en avant, notamment son rôle dans les infections respiratoires. Bien qu’aujourd’hui la recherche se focalise essentiellement sur les infections au SARS-CoV-2 (Covid-19), les bénéfices de la vitamine D ont déjà été étudiés dans le cas d’autres maladies respiratoires comme la grippe, les adénovirus, les entérovirus, les rhinovirus et d’autres formes de coronavirus11.

Une méta-analyse conclut que la supplémentation en vitamine D protège contre les infections aiguës des voies respiratoires. Selon cette étude, la supplémentation serait également efficace chez les personnes présentant des taux normaux avant la supplémentation. Ainsi, les personnes ayant un taux supérieur à 75nmol/L dans le sang diminueraient le risque d’infections de 5%. En revanche, elle indique que les fortes doses prises tous les mois sont inefficaces13

Une étude italo-suisse fait une corrélation entre un faible taux de vitamine D circulante (calcifédiol ou 25(OH)D) et les résultats positifs des tests PCR de dépistage de la Covid-19. Les auteurs concluent également en faveur d’une supplémentation en vitamine D pour réduire le risque d’infections14.

Toutes les études arrivent cependant à la même conclusion, pour prévenir le risque d’infection une supplémentation à fortes doses intermittentes est inefficace et seule une supplémentation quotidienne à petites doses doit être utilisée.

D’autres études ont notamment été menées pour les traitements des cas graves de la Covid-19, notamment des personnes aux soins intensifs. C’est le cas d’une étude pilote espagnole qui conclut que la supplémentation de calcifédiol semble être en mesure de réduire la gravité de la maladie, mais que des essais plus importants avec des groupes correctement appariés sont nécessaires pour apporter une réponse définitive8,9.

Conclusion

La vitamine D est essentielle à notre bonne santé, pourtant notre mode de vie nous en éloigne de plus en plus. En passant le plus clair de notre temps à l’ombre derrière les murs de nos bureaux ou de notre maison, en nous tartinant de crème solaire, en mangeant sur le pouce de la malbouffe, nous nous privons des sources naturelles de vitamines D.

Pourtant, prendre le soleil quelques minutes par jour nous sera bénéfique sur plusieurs plans ; cela nous fait sortir de notre stress quotidien, penser à autre chose, la lumière du soleil a un impact bénéfique sur la santé (luminothérapie), cela permet de nous oxygéner, car l’air de nos intérieurs est souvent pollué.

Il n’est pas nécessaire de s’exposer en maillot de bain pour profiter des rayons du soleil et devoir s’enduire de crème solaire. En nous baladant ne serait-ce que 30 minutes à une heure par jour pendant la belle saison, non seulement nous ferons une activité physique, mais nous profiterons en alternance des rayons du soleil et de parties ombragées par le mouvement et l’environnement. De plus, avec une alimentation brute et variée, nous parvenons à compléter notre apport en vitamine D. 

Avec la crise sanitaire qui a un impact énorme sur notre liberté et nos mouvements, en plus d’un hiver rude, nous avons été d’autant plus affectés par le manque de soleil. Si le traitement de la Covid-19 par la vitamine D laisse planer quelques doutes, ses atouts dans la prévention des risques d’infections, notamment graves, semblent ne plus être à prouver. Le proverbe “mieux vaut prévenir que guérir” retrouve toute son importance.

Alors, avec l’arrivée des beaux jours, profitons de cette crise pour opérer à un changement de nos habitudes en nous rapprochant de la nature, car si nos besoins “non-essentiels” (dira-t-on) nous ont été retirés, nous devrons toujours satisfaire nos besoins physiologiques que l’on soit restaurateur, artiste, soignant, politicien, épidémiologiste ou simplement humain.

C’est par des petits changements au quotidien que nous gagnerons des années en bonne santé au lieu de perdre du temps à la soigner.

Références

  1. PasseportSanté, Vitamine D, janvier 2014, https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=vitamine_d_ps
  2. Florence Daine (revu par Dr Jesus Cardenas, Doctissimo), Vitamine D ou calciférol, mai 2020, https://www.doctissimo.fr/html/nutrition/vitamines_mineraux/vitamine_d.htm
  3. Thomas Ernandez et Catherine Stoermann-Chopard, Vitamine D et insuffisance rénale chronique : regain d’intérêt pour une vitamine oubliée, paru dans Rev Med Suisse 2012; volume 8. 2140-2145,
  4. Marjam-Jeanette Barysch, Laurence Feldmeyer, Heike Bischoff-Ferrari, Günther Hofbauer, Reinhard Dummer, Vitamine D, ultraviolets et cancer de la peau, paru dans Rev Med Suisse 2010; volume 6. 884-885, https://www.revmed.ch/RMS/2010/RMS-246/Vitamine-D-ultraviolets-et-cancer-de-la-peau
  5. Bundesamt für Gesundheit BAG, Vitamine D et rayonnement solaire, mars 2017, https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/str/nis/uv/faktenblatt_vitaminD.pdf.download.pdf/Faktenblatt%20-%20Vitamin%20D%20F.pdf
  6. Vincent Amstutz, Bernard Favrat, Jacques Cornuz, Marc-Antoine Krieg, Vitamine D : actualité et recommandations, paru dans Rev Med Suisse 2011; volume 7. 2332-2338, https://www.revmed.ch/RMS/2011/RMS-319/Vitamine-D-actualite-et-recommandations
  7. Julien Venesson, Faut-il prendre de la vitamine K2 avec la vitamine D ?, mars 2021, https://www.julienvenesson.fr/faut-il-prendre-de-la-vitamine-k2-avec-la-vitamine-d/
  8. Marta Entrenas Castillo, Luis Manuel Entrenas Costa, José Manuel Vaquero Barrios, Juan Francisco Alcalá Díaz, José López Miranda, Roger Bouillon, and José Manuel Quesada Gomezd, Effect of calcifediol treatment and best available therapy versus best available therapy on intensive care unit admission and mortality among patients hospitalized for COVID-19: A pilot randomized clinical study, octobre 2020, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7456194/
  9. Jean Terrier, Caroline Samer (HUG), Vitamine D et COVID-19 : évaluation pharmacologique, version 1.3 du 23.11.2020, https://www.hug.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/vitamine-d-et-covid-19.pdf
  10. Dr Pierre-Olivier Lang (CHUV), Supplémentation en vitamine D: Pourquoi? Pour qui? Comment?, https://www.chuv.ch/fileadmin/sites/ger/documents/ger_guide_50_supplement_vitamined_pol_2016.pdf
  11. Julien Venesson, La vitamine D est-elle efficace contre le coronavirus ?, mars 2021, https://www.julienvenesson.fr/la-vitamine-d-est-elle-efficace-contre-le-coronavirus/
  12. Nutriting, La vitamine D, https://www.nutriting.com/comprendre-la-nutrition-2/glossaire-des-vitamines/vitamined/?v=1ee0bf89c5d1
  13. Publiée dans BMJ en février 2017, Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: systematic review and meta-analysis of individual participant data, https://www.bmj.com/content/356/bmj.i6583
  14. Antonio D’Avolio, Valeria Avataneo, Alessandra Manca, Jessica Cusato, Amedeo De Nicolò, Renzo Lucchini, Franco Keller and Marco Cantù, 25-Hydroxyvitamin D Concentrations Are Lower in Patients with Positive PCR for SARS-CoV-2, avril 2020, https://www.mdpi.com/2072-6643/12/5/1359
  15. Nutriting, Peut-on prendre trop de vitamine D ?, https://www.nutriting.com/actu/vitamine-d-et-courbe-en-j/?v=1ee0bf89c5d1
  16. Stefan Pilz, Armin Zittermann, Rima Obeid, Andreas Hahn, Pawel Pludowski, Christian Trummer, Elisabeth Lerchbaum, Faustino R Pérez-López, Spyridon N Karras, Winfried März, The Role of Vitamin D in Fertility and during Pregnancy and Lactation: A Review of Clinical Data, oct. 2018, https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30322097/